Stéphane Richard (Orange) ne regrette pas son accord avec Free Mobile

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Orange - Stéphane Richard (crédit photo @ Orange)

Le PDG d’Orange rejette les accusations de ses concurrents sur l’accord d’itinérance avec Free Mobile et ses conséquences sur le marché, sans les minimiser pour autant.

« Orange n’est pas responsable de l’arrivée de Free Mobile sur le marché et des premiers dégâts qu’elle a causés. » Dans un entretien aux Echos (05/03), Stéphane Richard rejette toute responsabilité et répond ainsi aux critiques de ses concurrents qui sous-entendaient que l’opérateur historique « avait fait entrer le loup dans la bergerie » (dixit Frank Esser, PDG de SFR).

Le dirigeant de France Télécom-Orange argumente en rappelant que les conditions d’attribution de la 4e licence mobile ont été fixées par le régulateur qui avait de toute façon l’intention d’imposer, au besoin, un accord d’itinérance sur la 3G. Accord signé entre-temps avec Free Mobile et qui permet aujourd’hui à Orange de limiter l’impact de cette nouvelle concurrence sur ses résultats. Orange a reconnu avoir perdu plus de 200 000 abonnés depuis l’arrivée du quatrième entrant.

Le contrat d’itinérance restera secret

Et quand bien même, ce ne sont pas les conditions de l’accord qui permettent à Free de rendre aussi compétitives ses offres, a rappelé Stéphane Richard en écho aux propos de Xavier Niel qui soulignait que le modèle de Free Mobile ne serait pleinement rentable qu’en exploitant son propre réseau. La rentabilité passe donc par la poursuite de l’investissement dans la nouvelle infrastructure mobile. Laquelle a d’ailleurs connu un sérieux incident réseau en fin de semaine dernière. Ce qui fait dire au dirigeant que la qualité du service de Free Mobile « n’est pas encore au rendez-vous ».

Pas question néanmoins de dévoiler le contrat comme le suggèrent Martin Bouygues et Jean-Bernard Levy (patron de Vivendi dont SFR est une filiale), qui reste dans la sphère privée des affaires, qui plus est pour des sociétés cotées en Bourse, insiste Stéphane Richard. Si ce dernier n’est pas surpris que la demande provienne de ses concurrents, il s’étonne en revanche « des déclarations du régulateur qui semble vouloir faire du débat sur la couverture de Free Mobile un débat sur l’itinérance et se défausser de ses responsabilités sur Orange ». D’autant que l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) « connaît parfaitement le contenu [du contrat] ».

Procéder à des licenciements ?

Le patron d’Orange en profite pour contredire les propos de Jean-Ludovic Silicani qui, récemment encore, sépare obligation de couverture à celle de qualité de service. Stéphane Richard rappelle que, dans son bilan 2009, l’Autorité estimait que « la notion même de couverture ne peut pas être dissociée de la qualité attendue pour le service considéré ».

Stéphane Richard revient en revanche sur « l’objectif recherché » à avoir voulu faire entrer un nouvel opérateur sur un marché français mature et considéré, par le régulateur anglais, comme le deuxième plus concurrentiel d’Europe pour les consommateurs. Concurrence face à laquelle l’Arcep invite aujourd’hui les acteurs présents à réduire leurs marges. « Est-ce une invitation à procéder à des licenciements ? », s’interroge le dirigeant. Une menace que les syndicats n’ont cessé de dénoncer.

Crédit photo © Orange


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