Alexandre Wauquiez, SFR : « Avec la 4G, les gens reviennent au terminal subventionné »

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Alexandre Wauquiez, directeur marketing réseau de SFR

4G, couverture en 800 MHz, fibre optique, VDSL2… Retour avec Alexandre Wauquiez, directeur marketing réseau, sur la stratégie mobile et fixe de SFR.

La bataille de la 4G va se jouer sur la qualité du réseau. C’est pourquoi SFR investit désormais sur le déploiement du 800 MHz plus pertinent que le 2600, comme nous l’explique Alexandre Wauquiez. Le directeur marketing réseau revient également sur l’infrastructure de transport fibre, l’autre marché du très haut débit à conquérir en 2014.

Alexandre Wauquiez, directeur marketing réseau de SFR
Selon Alexandre Wauquiez, SFR prend de l’avance sur ses concurrents en 800 MHz.

Silicon.fr – Avec les nouvelles formules 4G enrichies de contenus, SFR entend dépasser le million d’abonnés pour la fin de l’année. Pensez-vous sincèrement qu’après avoir alimenté le marché avec des offres 3G illimitées 3 Go à 20 euros, les utilisateurs vont se tourner massivement vers des offres à plus de 30 euros ?

Alexandre Wauquiez – Les offres illimitées à moins de 20 euros ont surtout ouvert le marché au low cost voix/SMS à 2, 5 ou 10 euros. Il y a eu un gros effet de redescente en gamme l’an dernier. Mais 2013 est tirée par la 4G, et les terminaux comme l’iPhone 5s et 5c, les contenus à forte valeur ajoutée font revenir le marché dans le haut de gamme. La bataille de Noël sera celle du haut de gamme et de la 4G.

Le marché va se structurer autour, d’un côté, des offres voix/SMS à moins de 10 euros qui s’enrichiront éventuellement de SMS à l’international, de roaming en Europe, et, de l’autre, des offres plus haut de gamme de l’Internet mobile à 30-40 euros. Entre les deux, le 20 euros ne bougera plus. Avec la 4G, les gens reviennent au terminal subventionné. Le modèle du téléphone acheté indépendamment du forfait ne fonctionne pas

SFR concentre désormais ses déploiements LTE 4G sur le 800 MHz aux dépens du 2600 MHz. Pourquoi ?

Le 800 MHz apporte des avantages évidents par rapport au 2600 MHz : une distance quasiment trois fois plus grande et une meilleure pénétration dans les bâtiments. Ce n’est pas pour rien que l’on qualifie le 800 MHz de fréquences en or. C’est donc stratégique pour la qualité de nos offres 4G.

Nous avons commencé par déployer du 2600 MHz car il fallait valider les risques d’interférences avec les fréquences de la TNT sur le 800 MHz. Aujourd’hui, les risques sont parfaitement maîtrisés et les interférences touchent moins de 1 % des foyers concernés. Une fois le problème déclaré, il nous faut environ 15 jours à trois semaines pour « nettoyer » la TNT sur une ville. L’intervention chez le particulier se fait, elle, en 48 heures via la pose d’un filtre au niveau de l’antenne de télévision.

Sur le 800 MHz, nous estimons être en avance sur la concurrence. Nous avons ouvert la 4G 800 MHz à Lyon en juillet dernier à l’heure où débutaient les expérimentations tri-opérateurs.

Pour fonctionner pleinement, l’infrastructure mobile doit reposer sur une infrastructure fixe à très haut débit. Tous les sites 4G sont-ils fibrés ?

Tous les sites des zones denses, les villes, sont reliés à notre réseau fibre optique. Dans les zones peu denses, les campagnes, les sites sont reliés à un point central de collecte par une technologie de faisceau hertzien IP qui offre aujourd’hui des débits de l’ordre de 360 Mbit/s aujourd’hui, suffisant pour répondre aux besoins de la 4G, et 720 Mbit/s demain.

Les coûts des solutions hertziennes ou fibre sont à peu près équivalents (SFR loue les fréquences à l’ANFR, NDLR). Mais le modèle hertzien nous permet de déployer plus vite sur de grandes distances de l’ordre de 5 à 10 km, voire 20 km avec des ponts (pour passer les obstacles naturels hauts). Les coûts seraient prohibitifs en fibre si l’on devait investir dans le génie civil sur ces distances.

Vous avez annoncé avoir distribué 500 000 femtocell. Ces stations mobiles résidentielles améliorent la couverture du réseau. Est-ce qu’elles vous permettent de le décharger ?

Non, l’usage des femtocell n’a une influence que sur 3 ou 4 % du trafic. En revanche, c’est un point de fidélisation. Le client équipé, et satisfait du service, est moins enclin à changer d’opérateur. La demande est très forte (SFR fournit gracieusement sa femtocell, NDLR) mais cela pourrait changer avec l’arrivée de la 4G, particulièrement en 800 MHz car les besoins seront moins importants. Et puis, pour profiter des transferts de la 4G en femtocell, il convient d’avoir une liaison fibre. Le service data est moins pertinent en ADSL. Enfin, il n’y a de toute façon pas de femto 4G pour le marché grand public aujourd’hui.

Où en est la couverture fibre de SFR ?

Fin 2013, nous aurons 1,5 million de logements éligibles. Un taux qui va s’accélérer en 2014 avec la couverture des zones moins denses grâce à notre partenariat avec Orange, où chaque opérateur déploie de son côté pour les deux, et avec l’absence de besoin de coordination et d’autorisation des accès. Cela va paradoxalement plus vite qu’en zones denses. Nous visons une croissance de plus de 50% du parc en 2014.

1,5 million de logements éligibles, cela signifie que la fibre arrive sur le palier. Il faut encore la tirer chez le particulier qui peut être réticent aux travaux à supporter (trous dans les murs, câbles à tirer, prise à installer…). Que pensez-vous de la technologie FTTD (Fiber to the Door) que développe Alcatel-Lucent ?

Le FTTD va permettre d’utiliser la paire de cuivre du réseau entre la prise téléphonique du logement jusqu’à la fibre sur le palier pour apporter les très hauts débits sans avoir à effectuer les travaux que vous évoquez. Et elle sera plug&play. On branche et ça marche. C’est donc une technologie très importante pour SFR car elle va faciliter la commercialisation de la fibre. Mais soyons réalistes, le FTTD ne sera pas exploitable massivement avant deux à trois ans.

Le VDSL2 pourvoira-t-il à la montée du très haut débit ?

Non, car, selon le régulateur, seules 6 % des lignes en France bénéficieront du très haut débit (à partir de 30 Mbit/s) avec le VDSL2. Ce n’est donc pas stratégique pour nous, même si nous équiperons l’ensemble de nos NRA (nœuds de raccordement abonnés) d’ici 2 ans. Et, depuis un an, tous les nouveaux NRA sont équipés en cartes compatibles VDSL2.


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