BlackBerry 10 : les 5 points qui changent la donne

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BlackBerry 10 : écran d'accueil

A quelques jours du lancement de BlackBerry 10, Silicon.fr analyse comment, à partir de cinq points différenciant, RIM pourrait contrer la concurrence.

BlackBerry 10 constitue la colonne vertébrale de la nouvelle stratégie de RIM (Research In Motion). Le constructeur canadien n’a cessé de perdre du terrain ces dernières années face à une dynamique portée par Apple iOS et Google Android que BlackBerry 7 a peiné à suivre.

Du coup, sa base clients a baissé d’un million de comptes en un an à 79 millions d’utilisateurs malgré un marché du smartphone en croissance de plus de 45% actuellement. Un recul des utilisateurs néanmoins effacé par des résultats en hausse au troisième trimestre fiscal 2013. Mais pour regagner la confiance des utilisateurs, RIM voit son salut dans le renouvellement total de son offre avec BlackBerry 10 (BB10), un OS taillé pour les dix années à venir aux dires de son constructeur.

A quelques jours du lancement de BB10 programmé le 30 janvier, étudions les 5 points différenciant qui peuvent tout changer et permettre à RIM de retrouver de sa splendeur sur un marché mobile où, au 3e trimestre 2012, il n’occupait plus que 5,3% du marché contre 11% ne serait-ce qu’un an plus tôt.

1 – Un OS prometteur

« Il s’agit d’amener la puissance d’un laptop dans un terminal mobile », énonçait le PDG de RIM, Thorsten Heins, en septembre dernier à l’occasion de la conférence développeurs BB Jam. BB10 innove effectivement sur plusieurs points afin d’augmenter la productivité de son utilisateur.

Son interface intègre Flow, une fonctionnalité qui facilite le passage d’une application à une autre sans avoir à repasser par un écran d’accueil ou un menu listant les dernières d’entre elles utilisées et sans lever le doigt (ou le pouce) de l’écran tactile.

L’optimisation de la navigation est par ailleurs renforcée par un certain nombre de technologies et fonctionnalités intéressantes sur le papier : le Hub qui concentre l’ensemble des messages reçus quelle que soit leur canaux d’origine (email, BlackBerry Messenger, Facebook, Twitter…); Peek, qui assure la gestion des notifications; l’intégration automatique des données propres aux contacts à partir de leur e-mail ou téléphone; Share qui partage les informations communes aux applications en cours; ou encore la mise à jour dynamique des applications restées en veille (lire notamment RIM a présenté les innovations de BlackBerry 10).

2 – Les usages professionnels et personnels séparés

Les BlackBerry ont gagné leur réputation par les services qu’ils apportaient aux utilisateurs en entreprise, dont le fameux « push mail » et la sécurisation des données assurée par un système de chiffrement depuis son offre serveur (BlackBerry Enterprise Server, également renouvelée pour l’arrivée de BB10). Ce qui a permis à RIM de se constituer une base solide d’utilisateurs professionnels, notamment dans les hautes sphères des entreprises (jusqu’au président des Etats-Unis) avant d’aborder les marchés grand public.

Mais la démocratisation des outils informatiques et le phénomène de consumérisation ont développé les usages personnels sur les mêmes terminaux que ceux utilisés dans le cadre professionnel. Pire, les terminaux personnels ont fini par s’imposer au sein de l’entreprise pour tous les types d’usages. Une problématique à laquelle RIM entendait répondre avec sa technologie Balance intégrée à ses serveurs de gestion. C’est cette même technologie qui est désormais intégrée à BlackBerry 10 et qui permet de séparer les deux univers, privés et professionnels, tout en permettant à l’utilisateur de basculer de l’un à l’autre en assurant, à distance, la sécurité des données de l’entreprise (blocage du téléphone, suppression des données pro, etc.).

Autant de fonctionnalités qu’une centaine de grandes entreprises testent actuellement en amont de la sortie de la solution. Elles pourront ainsi comparer la pertinence du couple BB10-Enterprise Server face aux nombreuses solutions de gestion des terminaux mobiles (MDM) concurrentes. Il reste néanmoins au final à convaincre les utilisateurs de lâcher leur iPhone…

3 – Des terminaux avec claviers

Deux terminaux haut de gammes devraient accompagner le lancement de BB10. Le Z10, tout tactile et compatible 4G, et le probable X10 qui s’illustrera par la présence d’un clavier physique.

Lequel est également un élément de la marque de fabrication du constructeur de Waterloo qui a fait, et fait toujours, la réputation des BlackBerry. Même s’il a fini par adopter l’interface tactile, RIM est en effet l’un des derniers constructeurs à toujours proposer une offre avec clavier physique. Laquelle pourrait séduire les indécrottables adeptes de la touche mécanique qui ne changeraient pour rien au monde l’interface de saisie physique contre un écran plat (même avec retour haptique). Là encore, RIM a une carte à jouer. D’autant que BB10 apportera à son clavier, physique comme tactile, un dictionnaire prédictif multilingue fort prometteur. Pratique quand on communique alternativement dans deux langues ou plus.

RIM devrait compléter, courant 2013, son offre de terminaux BB10 avec six modèles qui couvriront alors l’ensemble de la gamme.

4 – Une plate-forme de développement ouverte

Le succès d’une plate-forme vient de son offre technologique mais aussi de son offre applicative, nerf de la guerre des environnements mobiles. Une offre liée à l’intérêt que lui porte les développeurs, donc.

C’est pourquoi, d’un modèle jusqu’alors plutôt fermé, RIM a adopté « le système le plus ouvert de l’industrie », selon David Derrida, directeur produit chez RIM France.

Dans cette optique, BB10 supportera les environnements de développement en natif C/C++, le HTML5 (JavaScript, CSS), la plate-forme Air/Flash d’Adobe, le QML (Qt Modeling Language), tout en assurant le support des applications Android. Seul l’environnement d’Apple iOS n’est pas pris en compte (lire BlackBerry 10 est disponible… aux développeurs).

A l’heure du lancement de BB10, plus de 70 000 applications sont annoncées. Dont 90% des 600 premières du marché. Et sans compter les 70% à 80% des applications Android compatibles que les développeurs pourraient rapidement porter dans l’univers BB10.

5 – Licences BB10 ?

Parmi les axes qui permettraient à RIM de dégager de nouvelles sources de profit, celle de la vente de licence BB10 a été évoquée par Thorsten Heins. Si rien n’est formellement annoncé dans ce domaine cette éventualité pourrait ainsi élargir le marché de BB10 à un ensemble de constructeurs. Et donc augmenter la portée de l’OS. Mais avec le risque que RIM devienne un nouveau Microsoft de la mobilité et perde la maîtrise des terminaux et leurs spécificités qui ont construit la valeur de l’entreprise canadienne.

Tout dépendra, probablement, de l’accueil que le marché réservera à BB10. RIM n’a pas vocation à viser la première place du marché des mobiles mais à s’installer durablement sur un pan du marché, notamment celui des entreprises soucieuses de sécurité et de simplicité de gestion des terminaux. Début de réponse dans quelques mois.


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