Jean-René Cazeneuve (Bouygues Telecom) : «Les télécoms sont un moteur de l’économie française»

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Jean RenŽ Cazeneuve, directeur général de Bouygues Telecom Entreprises

Jean-René Cazeneuve, dirigeant du pôle professionnel de Bouygues Telecom, revient sur la stratégie de l’opérateur pour adresser le marché de l’entreprise.

En France, « le marché du B2B pèse de plus en plus sur le secteur des télécoms », souligne Jean-René Cazeneuve. Le directeur général de Bouygues Telecom Entreprises s’exprimait à l’occasion d’un point presse, mercredi 22 mai.

Chiffres de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) à l’appui, « en volume, le marché grand public a baissé au premier trimestre alors que celui de l’entreprise progresse » (lire Opérateurs : investissements en hausse pour revenus en baisse en 2012). Ce dernier est notamment soutenu par l’explosion du M2M (Machine to Machine) qui, globalement, a bénéficié d’une croissance annuelle de 50% au premier trimestre 2013 avec 5,3 millions de SIM activées dont 629 000 au premier trimestre.

Jean RenéŽ Cazeneuve, directeur général de Bouygues Telecom Entreprises (crédit photo © Bouygues Telecom)
Pour Jean RenéŽ Cazeneuve, la 4G est un accélérateur de business.

1,5 million d’entreprises clientes

Aux yeux du dirigeant de la division entreprises depuis 5 ans, le secteur des télécoms est vital à l’économie du pays. « L’équipement télécom des entreprises sert à augmenter leur productivité et leur efficacité. Donc, la diffusion des télécoms B2B est un moteur pour l’économie française. »

Elle l’est en tout cas pour Bouygues Telecom qui, en 12 ans d’existence sur le marché professionnel, a conquis 1,5 million de clients entreprises. Avec une croissance de 65% de son chiffre d’affaires sur les 5 dernières années et le doublement du parc dans le même temps. C’est aussi un moyen de pallier la concurrence accrue sur la partie mobile grand public qui s’est accélérée avec l’arrivée de Free et fait plonger les résultats du groupe.

« L’arrivée de Free sur le mobile a eu deux impacts, reconnaît Jean-René Cazeneuve. Un impact direct avec un faible pourcentage de petites entreprises qui nous ont quitté, et un impact indirect sur le prix des services qui complique aujourd’hui les négociations tarifaires. » Mais il rappel que, sans support et suivi de proximité, les offres ne sont pas identiques. « L’entreprise reste attachée à la qualité de service, l’accompagnement, la facture unique… »

Les offres fixes

Opérateur mobile d’origine, Bouygues Telecom Entreprises compte notamment sur le fixe, sur lequel il s’est investi depuis 5 ans, pour alimenter sa croissance. « En entreprise, le fixe pèse beaucoup plus que le mobile », rappelle le dirigeant en termes de revenus. 60% pour le premier contre 40% pour le second. Soit l’inverse du marché grand public aujourd’hui.

C’est pourquoi l’opérateur multiplie ses offres de services fixes. Il a récemment annoncé sa Bbox Entreprise, et ses offres SaaS (Software as a Service) réunies derrière son portail Cloud Pro.

Deux briques adressées en direction des TPE et petites PME, complémentaires à l’offre cloud de serveurs virtuels, communications unifiées et ressources d’infrastructures initiées il y a six mois en partenariat avec Microsoft. « Face aux acteurs puissants, on essai de tester le marché avec des offres simples via Azure, souligne Cyrille Guétin, responsable de l’unité Cloud de Bouygues Telecom Entreprise. La localisation des machines virtuelles en France pour la production ou le test n’est pas forcément un besoin exprimé par les entreprises. En revanche, les sauvegardes des données se font dans nos datacenters de Montigny-le-Bretonneux et Bièvre à partir de la pile logicielle EVault de Seagate. Et, l’on maîtrise le portail en interne ce qui permet des évolutions rapides pour répondre aux besoins. » (lire notamment Cyrille Guétin (Bouygues Telecom) : « priorité à la simplicité d’utilisation »).

La 4G, le nouveau moteur

Si le fixe est une composante stratégique pour Bouygues Telecom, le sujet du moment n’en reste pas moins le très haut débit mobile. « La 4G est un accélérateur de business, lance Jean-René Cazeneuve, elle va décoller dès cette année contrairement à la 3G qui a nécessité quelques années. » La compatibilité des appareils (« plus de la moitié des terminaux ») et la « couverture nationale dès le 1er octobre » contribueront au succès de la nouvelle norme.

Jean-René Cazeneuve se félicite évidemment de la manœuvre de Bouygues d’avoir obtenu l’autorisation d’exploiter la 4G sur la bande de la 2G 1800 MHz. « Avec le refarming 2G, on réutilise une autoroute déjà construite. » Ce qui lui offre une avance certaine sur ses concurrents Orange et SFR qui visent les 30% à 35% de la population en 4G pour la fin de l’année. Contre 40% à l’automne pour Bouygues Telecom.

« La couverture nationale est importante pour les entreprises en regard de leurs activités multi sites », explique le dirigeant. Qui plus est, performances obligent, « le cloud va décoller avec la 4G ». Selon lui, « la moitié de nos clients entreprises seront adressables en 4G à la fin de l’année ». Néanmoins, Jean-René Cazeneuve ne se prononcera pas sur l’évolution de la couverture passé le 1er octobre. Au risque de se laisser rattraper par ses concurrents ?


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