Tech : 6 dossiers sensibles qui attendent Joe Biden

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La numérisation accélérée de l’économie, l’affaire États-Unis contre Google et l’avenir de la « section 230 » font partie des dossiers clés pour Joe Biden et la Silicon Valley.

Élu 46e président des États-Unis, Joe Biden sera investi le 20 janvier 2021.

La Silicon Valley et Wall Street sont dans l’expectative.

Voici quelques-uns des principaux dossiers technologiques qui attendent l’élu démocrate et la future vice-présidente Kamala Harris :

Numérisation, États-Unis contre Google, Section 230…

1. Accompagner la numérisation accélérée

Joe Biden a déjà mis en place une cellule de crise visant à endiguer la pandémie de Covid-19 aux États-Unis. L’accélération de la numérisation de l’économie, du travail et de l’enseignement, la régulation des Big Tech, les jeux d’influence autour de la socialisation en ligne, la cybersécurité et la protection des données sont d’autres dossiers chauds.

2. Suivre « États-Unis contre Google »

Quelques semaines avant la défaite du républicain Donald Trump à la présidentielle américaine de 2020, le Département de la Justice (DOJ) et les procureurs de onze États américains ont engagé une action contre Google. Et ce pour abus de position dominante sur les marchés des moteurs de recherche et de la publicité en ligne.

Comme l’a relevé NPR, c’est l’action la plus significative engagée par le gouvernement fédéral américain contre un GAFAM* depuis les années 1990 et l’affaire « États-Unis contre Microsoft ». Ce dossier sensible s’était finalement soldé par un compromis, entériné le 1er novembre 2002, évitant à l’éditeur de Redmond le démantélement…

Qu’en sera-t-il pour Google ? La firme de Mountain View pourrait être contrainte, après des années de procédure, de se séparer d’une partie de son empire. Il reste à savoir jusqu’où ira la ferveur antimonopole du DOJ sous administration Biden.

3. Abroger la section 230 ?

La section 230 du Communications Decency Act (CDA), datant de 1996, soit avant la création des réseaux sociaux, fait l’objet de vifs débats chez les républicains comme chez les démocrates. La section indique :

« Aucun fournisseur ou utilisateur d’un service informatique interactif par ordinateur ne sera considéré comme l’éditeur ou le locuteur de toute information fournie par un autre fournisseur de contenu d’information. »

La loi américaine permet ainsi aux entreprises technologiques d’éviter les poursuites judiciaires lorsqu’un contenu diffusé est jugé illégal. Elle leur donne également toute latitude pour supprimer ou signaler un contenu en fonction de leurs propres critères.

Cette section autorise, selon ses opposants, d’exempter de leurs responsabilités les plateformes et les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter en matière de lutte contre la « désinformation » et la haine en ligne. Le président américain en poste souhaite sa révision. Joe Biden, en revanche, a déclaré que la section 230 devrait être purement et simplement « abrogée », dans un entretien peu amène à l’égard des réseaux sociaux, Facebook en tête, publié en début d’année par le comité éditorial du New York Times.

4. S’entendre avec la Chine

Joe Biden chercherait à éviter une guerre commerciale avec la Chine, Huawei et les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi), sans renoncer à la fermeté du dialogue sino-américain.

5. Relancer les visas de travail H1B

Donald Trump avait tenté de suspendre les visas de travail H1B, qui ciblent des talents étrangers qualifiés, employés notamment par les sociétés technologiques. Joe Biden prévoit de lever les restrictions imposées par l’administration Trump sur ces visas.

6. Envisager un RGPD américain

Une loi sur la protection des données pour les États-Unis, comme le règlement général sur la protection des données (RGPD) européen ou la loi californienne, va-t-elle voir le jour ?

L’industrie numérique s’interroge.

« Biden ne peut rien faire de magique »

Wall Street et la Silicon Valley ont pris acte de l’élection de Joe Biden.

Des personnalités de l’écosystème ont salué promptement le locataire à venir de la Maison Blanche et sa vice-présidente, comme l’a souligné Business Insider.

C’est notamment le cas de : Sheryl Sandberg (COO de Facebook), Bill Gates et Brad Smith (respectivement fondateur et président de Microsoft), Jeff Bezos (fondateur et CEO d’Amazon), Arvind Krishna (CEO d’IBM), Chuck Robbins (CEO de Cisco Systems) ou encore Aaron Levie (fondateur et CEO de Box). Ce dernier a déclaré sur Twitter :

« C’est formidable pour la compétitivité américaine. Certes, Biden ne peut rien faire de magique, et c’est le but. Les entreprises ont besoin de la stabilité du marché, de relations commerciales mondiales qui ne changent pas sur un coup de tête, de talents de partout, de planification à long terme, et pas de distractions constantes.  »

*GAFAM : Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft.

(crédit photo by David Lienemann – White House V011013DL-0556)

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