Médéric Leborgne, Blackberry : « BES12 est une fondation de services »

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Terminaux, sécurité, gestion multi-plateforme, Cloud et, désormais, offre de services. Retour, avec Médéric Leborgne, directeur avant-vente, sur la stratégie du nouveau Blackberry.

Blackberry vient d’annoncer le lancement de son nouveau smartphone, le Leap. Disponible au Royaume-Uni dans un premier temps, ce nouveau terminal intègre l’OS Blackberry 10.3.1. Ses services de sécurité et d’assistant vocal, ainsi que ses deux magasins d’applications (Blackberry World pour les usages professionnels et Amazon AppStore pour les usages personnels) sont accessibles depuis un écran tactile 5 pouces HD (1280 x 720), un processeur double cœur Qualcomm Snapdragon S4 à 1,5 GHz épaulé de 2 Go de RAM et 16 Go de stockage (extensible à 128 Go par microSD). Ses capteurs photos arrière et frontal composent respectivement des images de 8 et 2 millions de pixels. Sa batterie de 2800 mAh non amovible offre, sur le papier, une autonomie de 25 heures en utilisation mixte et plus de 9 heures en lecture vidéo. Bref, de quoi normalement tenir une journée de travail.

Le Leap vient enrichir le segment d’entrée de gamme (à 289 euros tout de même) du constructeur qui a considérablement simplifié son offre terminaux depuis la nouvelle stratégie de redressement initiée par John Chen en novembre 2013. « Nous n’avons plus vocation à avoir 15 gammes mais à nous concentrer sur la productivité », rappelle Médéric Leborgne, directeur avant-vente technique en France. L’offre se concentre désormais autour de trois gammes : le tout tactile (Leap aujourd’hui) en direction des utilisateurs individuels aux usages personnels et professionnels, le Classic en milieu de gamme pour les indémodables du clavier physique (20% à 30% des entreprises conserveraient l’usage du clavier physique lors d’un renouvellement de parc, selon le constructeur) et le très haut de gamme innovant aujourd’hui représenté par l’atypique Passport à l’écran carré taillé pour la productivité. Le tout accompagné de la sécurité des contenus et des communications qui a forgé l’image du Canadien, et d’une autonomie des terminaux généralement supérieure à la moyenne.

Médéric Leborgne, directeur technique avant-vente chez Blackberry France.
Médéric Leborgne, directeur technique avant-vente chez Blackberry France.

Malgré la qualité et l’originalité de ses produits, le constructeur a quasiment disparu du classement des vendeurs de smartphones avec 1,3 million d’unités vendues lors de son 4e trimestre fiscal 2015. « Il ne s’agit plus de gagner des parts de marché mais de gagner de l’argent sur les terminaux vendus », justifie Médéric Leborgne. Une volonté qui se concrétise notamment à travers le partenariat de 5 ans signé fin 2013 avec le taïwanais Foxconn désormais chargé de produire les terminaux de Waterloo.

BES12 : l’avenir de Blackberry

Quand bien même, s’il s’agit de continuer à générer des revenus sur les terminaux, Blackberry se tourne clairement vers le logiciel et les services à travers l’offre Blackberry Enterprise Services (BES) de gestion des terminaux pour assurer son avenir. Blackberry a d’ailleurs annoncé, en début de mois, la disponibilité de BES12 dans le Cloud après avoir lancé en novembre dernier la version sur site. BES12 s’inscrit comme la seule plateforme de gestion englobant l’ensemble des terminaux du marché (iOS, Android, Windows et Blackberry) à travers une interface unique pour configurer les scénarios d’usage de la mobilité dans une entreprise (BYOD, CYOD, COPE, COBO). « BES12 est la fondation pour déployer des services que l’on peut enrichir avec l’extension des fonctionnalités, justifie le directeur technique. Blackberry se différencie avec ces nouveaux services. ».

Et de citer l’exemple de la simplification des accès VPN (où le smartphone remplace le jeton RSA avec une génération dynamique de la clé au moment de la connexion au réseau de l’entreprise), la fédération des identités d’accès aux services comme Salesforce (afin d’éviter l’accumulation de mots de passe grâce à un système d’authentification automatique), ou encore le déport de l’affichage du smartphone sur un PC ou une tablette pour améliorer le confort de travail et répondre aux problématiques de mobilité. « Tout ça en s’appuyant sur le serveur BES déjà en place au sein de l’entreprise », insiste Médéric Leborgne. Et de rappeler que la plate-forme Blackberry intègre la sécurisation des connexions là où les offres concurrentes de MDM (gestion des terminaux mobiles) nécessitent la mise en place de liens VPN, de firewall, de configuration de ports entrants, etc., et les coûts afférents. « La sécurisation de la connexion est proposée par défaut de manière homogène quel que soit l’appareil et l’OS, explique notre interlocuteur. Une entreprise qui installe BES12 peut, une heure après, fournir le service de connectivité aux salariés. »

Sur la partie sécurité, Blackberry poursuit le renforcement de ses solutions. Notamment en multipliant les partenariats avec les constructeurs. C’est le sens de l’accord signé avec Samsung en novembre dernier visant à supporter la technologie Knox de sécurisation de l’environnement professionnel des terminaux équipés. « Samsung sécurise les données sur le terminal, Blackberry sécurise la communication vers le réseau et dans le Cloud. On fait en sorte d’harmoniser le niveau de sécurité entre les différents OS. D’un point de vue de l’entreprise, c’est le même OS et donc un seul coût. » C’est dans ce même esprit que Blackberry intègre le support des fonctionnalités de containerisations proposées dans Android 5.1 (Lollipop) avec Android for Work. « Google a la volonté d’avancer sur cette question, mais il faut une plate-forme pour gérer ces fonctions de contrôle nativement, d’où notre partenariat. »

Carte SIM virtuelle

Dans les prochains mois, Blackberry va également élargir son offre de services avec WorkLife, une solution qui permet la création d’une carte SIM virtuelle afin d’ouvrir une deuxième ligne téléphonique pour un même terminal afin de faciliter la gestion et la facturation des usages personnels et professionnels du salarié. Cette offre, qui fait suite au rachat de Movirtu en septembre 2014, sera commercialisée par les opérateurs. Mais à une date indéterminée pour le moment. « Technologiquement, nous sommes prêts. Nous travaillons avec les opérateurs pour la commercialisation. » Autre offre en cours de développement à travers SecuSmart. Cette technologie de chiffrement voix et données issue de l’acquisition de l’entreprise éponyme en juillet 2014, vise à s’élargir à l’ensemble des entreprises et non plus aux seuls organisations gouvernementales et très grands comptes principalement visés jusqu’alors. Ce qui se traduit notamment par la présentation au Cebit 2015 de la SecuTablet, une version de la Samsung Galaxy Tab S 10.5 sous Android renforcée par la technologie de Secusmart et d’applications mobiles IBM.

Dans un avenir qui se rapproche rapidement, Blackberry entend également jouer un rôle prépondérant dans l’Internet des objets. « BES12 est la première plateforme conçue pour gérer tous types de devices, souligne Médéric Leborgne. Nous avons la volonté d’investir le marché des objets connectés via la santé notamment où le traitement des données en temps réel nécessite un vrai cadre sécurisé. » Le Canadien vient de franchir un premier pas dans ce sens avec le contrat signé par CarePartners. Ce fournisseur de services de santé à domicile a retenu la solution CellTrak’s VisitManager couplée aux terminaux Blackberry 10 gérés sous BES12 pour optimiser le traitement des données patients lors des visites à domicile assurées quotidiennement par les plus de 4000 salariés de l’entreprise de santé.

Au delà de cette offre spécifique, Blackberry entendavec son cloud de services BES12, soutenir le développement de solutions de bout en bout aussi bien que s’inscrire comme un maillon de la chaine dans une variété de scénarios possibles. Pour Médéric Leborgne, « Blackberry n’a jamais autant innové. Et si on ne peut pas dire qu’on est entré dans une phase euphorique, nous construisons aujourd’hui le future avec des clients rassurés face à la stratégie d’ouverture mise en place par John Chen ». Preuve de cette ouverture ? « Certaines entreprises clientes n’ont que des iPhone sur un serveur BES. »


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