Effet Snowden : Angela Merkel troque son iPhone pour un Blackberry

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Pour sécuriser ses communications face aux écoutes de la NSA, Angela Merkel a opté pour un Q10 de Blackerry ultra sécurisé. Un choix dont se réjouit John Chen qui tacle Android sur son retard en matière de sécurité.

C’est une victoire pour Blackberry. Certes symbolique mais haute en couleurs pour le constructeur. La chancelière allemande Angela Merkel a fini par troquer son iPhone contre un smartphone Blackberry, modèle Q10 en l’occurrence (avec clavier physique), se réjouit l’entreprise de Waterloo sur son blog. Pour des raisons de sécurité avant tout. Un choix que ne pourra lui reprocher Barack Obama, lui même client de Blackberry.

Cryptage renforcé

En octobre 2013, The Guardian révélait que pas moins de 35 dirigeants dans le monde avaient été mis sur écoutes par les Etats-Unis dans le cadre de l’espionnage planétaire de la NSA révélé par le lanceur d’alerte Edward Snowden. Dont Angela Merkel qui s’en était plainte directement auprès du président américain. L’indiscrétion américaine eut notamment pour effet d’entraîner l’achat de 5000 terminaux Blackberry par l’administration allemande.

A noter que, si les terminaux Blackberry disposent en standard du chiffrement sur 256 bits, du routage des messages sur le réseau sécurisé du Canadien, et d’autres paramètres de sécurisation, le Q10 de la chancelière allemande se voit renforcé de la solution de cryptage de l’entreprise allemande Secusmart. A l’image de l’offre du français Ercom, la puce de Secusmart vise à protéger les conversations et messages des oreilles et yeux indiscrets mais aussi les échanges de données opérés entre la dirigeante et l’intranet du gouvernement allemand.

Blackberry l’avait dit

Un choix qui ne peut que réjouir John Chen. Il y a quelques jours, le dirigeant de Blackberry ironisait sur l’initiative de Google qui, dans le cadre de sa conférence développeurs Google I/O la semaine dernière, annonçait sa volonté de renforcer la sécurité d’Android. Notamment en tirant partie de la technologie Knox de Samsung pour séparer les contenus privés et ceux d’ordre professionnels sur un terminal.

« Je suis ravi de cette première étape. La nécessité d’améliorer la sécurité d’Android était claire », estime John Chen dans ce billet. Avant d’ajouter que l’initiative « confirme ce que BlackBerry a toujours dit sur les dangers potentiels auxquels sont confrontées les entreprises à l’ère du BYOD. »

Loin d’être suffisant

Et de rappeler que si Knox se rapproche de la technologie Balance que le constructeur canadien supporte pour ses terminaux mais aussi sur les Android et iPhone, la solution de Samsung n’est activée que sur 2 millions de terminaux dans le monde contre plusieurs dizaines de millions chez Blackberry avec des terminaux sous BB10 qui répondent à 45 critères de sécurité et bénéficient de la certification ATO du ministère de la Défense américain. Ce qui fait dire à John Chen : « Alors que nous applaudissons Google et Samsung pour leurs plans, nous ne pensons pas que ce soit suffisant pour la tranquillité d’esprit des entreprises en matière de sécurité ».

Il n’en reste pas moins que Samsung s’inscrit aujourd’hui comme le premier vendeur de téléphones au monde et Android comme la plate-forme mobile la plus utilisée en volume alors que la part de marché mondiale de Blackberry est tombée sous les 1% (selon IDC) et semble désormais dévolue aux seuls usages en entreprise. Le constructeur renforce d’ailleurs régulièrement ses offres en direction des professionnels avec, récemment, la sécurisation de sa messagerie BBM pour les entreprises ou encore une nouvelle version de son offre de gestion BES 12, ou encore son ouverture aux solutions de MDM tierces. Une stratégie qui, à la vue des derniers résultats en date, semble porter ses fruits.


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