Après Mercury, Opsware puis Neoware… HP bétonne son 'admin' systèmes

Logiciels

HP, toujours aware?… En déboursant 214 millions de dollars pour l’acquisition de Neoware, quelques semaines après un milliard et demi pour Opsware, HP veut devenir incontournable dans l’administration de systèmes

Automatiser les centres de données -cf. le rachat d’Opsware-, c’est bien. Proposer des serveurs ‘blades‘ dans un environnement de clients virtualisés, c’est logique. Mais assurer, en outre, le bout de la chaîne avec des postes clients légers Linux, XPe et CE, c’est encore mieux ! C’est ici qu’intervient l’acquisition de Neoware par HP, qui se justifie d’autant plus que l’on peut y accoler toute la panoplie des solutions d’administration de l’opérationnel au stratégique -cf. le rachat de Mercury.

En reprenant quatre sociétés référentes de l’administration informatique en moins de deux ans pour un total de près de 7 milliards de dollars, HP est en train de devenir un acteur incontournable, au même titre que CA (Computer Associates) ou? IBM.

Neoware, sa récente acquisition (annoncée le 23 juillet) est venue enrichir ses solutions en matière de postes clients, de sécurité, et de virtualisation.

De grandes ambitions pour un marché prometteur

HP avait déjà annoncé ses clients légers virtualisés sous environnement blade (cf. notre article en référence). Aujourd’hui, le constructeur – éditeur ne cache pas ce positionnement et cette volonté :

« Les clients légers enregistrent une croissance continue (environ + 20 % par an jusqu’en 2009 selon les analystes), et contribuent au déploiement à grande échelle des postes clients virtualisés.Neoware nous permet de proposer aux entreprises, y compris aux PME/PMI, diverses solutions de clients légers simples à acheter, à installer et à sécuriser. Et aussi bien sous Linux, XPe et Windows CE, de fortes possibilités de personnalisation et de développement.

Nous proposons déjà la famille de clients légers HP t5000 pour des systèmes XPe and CE afin d’accéder à des environnements de clients virtualisés comme les PC en lame, les stations blade, etc. L’acquisition de Neoware apporte en plus les meilleures solutions pour client léger Linux», affirme une source proche du dossier.

Bien qu’il faille attendre la finalisation de la vente pour communiquer sur de nouvelles offres et sur des services spécifiques, HP précise que le support sera maintenu pour les clients existants et les lignes de produits actuelles, y compris après intégration aux solutions existantes du constructeur -éditeur.

Sept milliards de dollars dépensés en moins de quatre ans

En septembre 2005, HP acquiert l’éditeur américain Peregrine Systems pour 425 millions de dollars, un logiciel gestion des actifs et ressources des systèmes d’information, avec l’objectif de renforcer son offre d’administration Openview.

http://www.silicon.fr/fr/silicon/news/2005/09/19/hp-acquiert-appiq-peregrine-editeur-gestion-patrimoine

Fin juillet 2006, le constructeur/éditeur rachète Mercury Interactive pour 4,5 milliards de dollars. Avec ces solutions de gestion des performances des systèmes d’information, concernant entre autres les domaines de l’Application performance management (APM) et la Business Technology Optimization (BTO). http://www.silicon.fr/fr/silicon/news/2006/07/25/hp-sempare-mercury-interactive-45-milliards

Comme nous vous l’annoncions le 23 juillet dernier, HP a également aligné 1,6 milliard de dollars pour s’offrir le spécialiste des logiciels d’automatisation des centres de données Opsware, société créée par Marc Andreessen (fondateur de Netscape). Une acquisition logique pour ce géant des serveurs blade, désireux d’en faire la solution incontournable des datacenters.

http://www.silicon.fr/fr/silicon/news/2007/07/23/automatisation-data-center-hp

Dans la foulée de l’acquisition d’Opsware, HP offre également 214 millions de dollars pour Neoware, spécialiste américain des solutions pour postes clients informatiques légers (clients légers). L’éditeur propose bien entendu des solutions de gestion et de sécurisation pour ces clients, mais aussi pour transformer des PC en clients légers. Par ailleurs, Neoware intervient dans les technologies de virtualisation en servant des systèmes d’exploitation à la demande vers les postes clients, ou en permettant la connexion vers des systèmes mainframes Unix et Linux.

Des solutions complémentaires, mais à intégrer

Ces deux dernières acquisitions peuvent apparaître complémentaires, non seulement entre elles, mais également avec la stratégie BTO d’HP. En effet, avec Opsware et ses possibilités d’automatisation, l’éditeur favorise la maintenance, le respect des obligations réglementaires, et la réduction des coûts.

Évidemment, combiné aux logiciels Mercury, l’entreprise peut même s’aventurer beaucoup plus loin en tentant d’aligner gouvernance informatique et stratégie d’entreprise. Une fois les centres de données ainsi réglés, restent à réduire les coûts de maintenance des postes client et des licences logicielles de système d’exploitation sur des environnements hétérogènes. Alors, les solutions de Neoware peuvent apporter des solutions éprouvées. Attendons malgré tout quelques mois, pour vérifier la cohérence de ces offres et la gestion des recouvrements de produits au sein de la grande maison HP.

En attendant, ces nouvelles armes ravivent une fois encore la rivalité avec IBM, déjà doté de ce type de solutions. Il ne faudrait pas toutefois négliger les autres acteurs comme CA (Computers Associates) qui ?uvre aussi sur ce marché toujours porteur.

Du reste, il y a fort à parier que la croissance des services managés, sur l’Hexagone, mais surtout aux États-Unis, pourrait aussi dynamiser ce segment déjà en excellente santé.


Auteur : José Diz
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