iTunes sans-DRM : du discours, à la réalité…

Régulations

« Chose promise, chose due ! » Enfin presque

Après Amazon qui va mettre en ligne une plate-forme de téléchargement de musique sans DRM, (ndlr : Digital Right Management) c’est au tour de Apple de faire, comme promis, plaisir aux millions d’internautes agacés des problèmes de manipulation des fichiers musicaux payants téléchargés sur la Toile.

L’abandon de ces verrous qui brident l’utilisation de la musique en ligne va avoir de nombreuses conséquences pour le consommateur. Sans les DRM, les morceaux seront interopérables sur les différents lecteurs du marché, et pourront être librement copiés et manipulés. Enfin !

L’objectif de cette mesure n’est pas de faire un cadeau au consommateur, mais de trouver un modèle plus équitable, un schéma à même de véritablement dynamiser un marché de la musique en ligne moribond.

Une statistique explique aussi cette décision. Selon Apple, sur la quasi-totalité du parc iPod, seulement 3% des morceaux présents sur le baladeur proviennent de iTunes, le reste est issu de contenus personnels ou (ndlr : copie de CD) ou de disques piratés.

Rappel des faits. Le 7 janvier 2007, le CEO de Apple Steve Jobs déclarait dans une lettre qui a fait le tour de la planète numérique en quelques heures, « Nous pouvons continuer sur ce chemin des DRM, ou proposer la vente de licences pour que d’autres puissent utiliser la technologie FairPlay, ou bien carrément choisir de supprimer la technologie DRM. Apple est plutôt en accord avec cette ultime option, dans la mesure où les DRM sont inefficaces puisqu’elles n’empêchent absolument pas le piratage. »

« Imaginons-nous dans un monde sans DRM, ou les magasins en ligne proposeraient de la musique dans un format ouvert. Dans un tel univers, chaque baladeur serait capable de jouer tous les types de musique et le client pourrait donc acheter de la musique sur toutes les plates-formes. C’est à l’évidence la meilleure solution pour le consommateur. »

Depuis ce courrier polémique, l’eau a coulé sous les ponts, et Apple vient de publier discrètement la version sans-DRM de sa plate-forme légale de téléchargement.

Il n’y a rien de curieux à ce manque de publicité, le catalogue d’iTunes n’est pas encore à jour et les morceaux sans DRM ne sont pas encore disponibles.

Rappelons que Apple a signé le 2 avril un accord de distribution « historique » avec la maison d’édition EMI qui a décidé également d’abandonner les DRM pour la vente sur Internet.

Lors de cette conférence de presse, Steve Jobs avait indiqué : « 50% des chansons disponibles sur iTunes seront débarrassées de la DRM d’ici la fin 2007. « 

Mais cette liberté a un prix : les morceaux sans DRM seront vendus 1,29 euros contre 0,99 euros pour les titres verrouillés.

Un prix qui reste rédhibitoire pour de nombreuses bourses. L’explication, les chansons sans DRM sont facturées 30 % plus cher dans la zone Euro, que le contenu iTunes sous DRM. Pour compenser ce surcoût, l’encodage des contenus passera de 128 Kbit/s pour un fichier protégé à 256 Kbit/s pour les morceaux libres.

iTunes 7.2 est téléchargeable sur cette page.

Rappelons également que FnacMusic.fr et VirgineMega.fr commencent également à distribuer des titres sans DRM (le catalogue d’EMI et les produits issus de labels indépendants).

Reste une question. Cette ouverture tant attendue va-t-elle donner des ailes à la musique dématérialisée confrontée au P2P gratuit ?

« Les DRM constituent un des freins à l’essor de la musique légale. Leur suppression est une des conditions pour que cela décolle. Mais le principal problème, c’est le piratage, le gratuit proposé par le P2P. Et même sans DRM, lutter contre le gratuit est très difficile. Tant qu’il n’y aura pas de discours ferme et cohérent de la part des pouvoirs publics, il ne se passera rien »,explique Julien Ulrich, le patron de VirginMega.fr.


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